ProfnovA a écrit : ↑14 juin 2022, 10:54
Bien évidemment une géné ne s'accouple pas comme ça à une roue à aube. Il lui faut une turbine avec une chambre d'eau et éventuellement un multiplicateur pour tourner à sa vitesse de synchronisme et donc produire du courant. En dessous ça produit rien et au dessus on peut tout casser si ça tourne trop vite.
Si on prend le cas d'une géné asynchrone, une fois couplée au réseau, elle sera peu ou prou à 50 Hz. Si pas assez d'eau, elle va consommer, ce qui n'est pas vraiment le but recherché... (en plus d'user potentiellement le réducteur qui n'est pas toujours réversible).
S'il y a beaucoup d'eau, elle va produire mais en aucun cas tourner plus vite (sauf en cas de découplage ou il faut un système de fermeture rapide).
Bonjour,
En aucun cas... Sauf, ben moi j'ai testé le sauf et ça a même été sauf qui peut
Il y a quelques années dans la centrale d'un client on a eu un gros orage en début d'été et en pleine nuit. La géné s'est découplé et on a commencé à fermer la vanne normalement, sauf que trop d'eau d'un coup et la vanne ne se ferme pas ! Au bout de 5 minutes on actionne comme prévu en cas d’urgence le frein, frein à mâchoire récupéré sur un Berliet à l'époque et monté en bout de génératrice.
Cette géné tournait à 1500 tours/min donc inutile de dire qu'en cas de freinage d'urgence ça sentait le chaud. Mais bon ça freinait, sauf que là, avec la vanne quasi ouverte à fond et un débit de fou, ça n’a pas réussi à l’arrêter et les garnitures ont finis par bruler.
Voilà donc la géné parti en emballement. Il y avait un transmetteur téléphonique pour prévenir le client sauf que l'orage a bousillé la ligne... Le gars se rend donc compte du problème quatre heures après.
On arrive sur place, la turbine tournait à fond de cale et impossible de l'arrêter. La vanne s'était foutue en travers dans les glissières et la force de l'eau était telle que les vérins hydrauliques n'arrivaient pas à l'actionner.
Seule solution, fermer les trois vannes d'alimentation du canal. Sauf que les dites vannes devaient être motorisés mais bon ça ne pressait pas donc elles étaient encore manuelles. Nous voilà donc partis à tourner les manivelles...
Sauf que ces vannes n'avaient pas été manœuvrées depuis des lustres et donc on n'arrive pas à les bouger. Après moult aspersion de dégrippant et de lubrifiant divers on arrive en s’acharnant à plusieurs à fermer les vannes et à réduire le débit dans le canal ce qui nous a enfin permis de fermer la vanne principale de la turbine.
Résultat des courses la turbine a tourné à donf (on ne sait même pas à quelle vitesse car on était hors plage sur la mesure) pendant 6 heures. Le multiplicateur qui n'était déjà pas jeune était bon à changer. C’est surtout lui qui a le plus souffert en fait et on a eu de la chance de ne pas avoir eu plus de casse.
L'année suivante le client a changé toute la turbine plus la géné par un modèle qui ne tourne qu'a 900 tours/min et un multiplicateur à courroie. En parallèle il a monté un groupe hydraulique et des accus pour fermer la vanne en cas d'absence de courant. Ça a couté plus de 25 000 balles rien que pour l'hydraulique et sa gestion élec/autom.
On l'a testé mais évidemment pas en conditions réelles donc on attend le très gros orage qui un jour nous permettra de voir si ça marche vraiment, sachant qu’avec les accus on a droit qu’à un seul essais
Tout ça pour dire qu’il y a beaucoup de cas différent dans ce domaine de l’hydro électricité et que la loi de Murphy (ce qui ne doit pas arriver, arrivera quand même) peut parfois s'appliquer
JC